| Une méthode d’évaluation et de cartographie de la dégradation des terres dans le monde |
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Proposition de directives normalisées
La dégradation des terres a drastiquement augmenté depuis une soixantaine d’années, au Nord comme au Sud, du fait de la croissance démographique et de l’expansion industrielle. La lutte contre ce processus est devenue une priorité, notamment dans les pays du Sud où vivent 75% de l’humanité et où les trois-quarts de la population travaillent dans le secteur agricole. Restaurer des terres dégradées coûte cher, au moins 100 fois plus que de faire de la prévention. Pour faire de la prévention, il faut d’abord évaluer l’état actuel et les causes de la dégradation des terres. L’une des contraintes majeures pour faire cette évaluation a été, jusqu’à présent, le manque d’une procédure harmonisée au niveau international.
Cette méthode permet d’évaluer et de cartographier l’état actuel ainsi que les causes de la dégradation des terres. Elle s’applique à différentes échelles : depuis l’exploitation agricole jusqu’à un pays tout entier. Cette procédure harmonisée peut être mise en œuvre dans différentes régions, mais elle est surtout applicable en zone tropicale et subtropicale. Elle a été utilisée avec succès en Afrique et en Asie, à l’échelle nationale (Togo) et provinciale (Vietnam).
Le résultat est constitué d’une représentation cartographique de l’état de dégradation des sols, très simple d’utilisation et d’interprétation par des non scientifiques. Cette carte est basée sur un seul indice synthétique d’état de dégradation. Elle est également accompagnée d’une base de données gérée par un système d’information géographique (SIG) qui contient toutes les données utiles à l’élaboration de cette carte et à son exploitation.
La méthode consiste en trois étapes :
1. Aire de terrain ayant le même type de paysage, substrat géologique, sol, climat, topographie et mode d’utilisation des terres et supposée réagir de manière homogène aux agents naturels et à une activité humaine déterminée par une dégradation d’un certain niveau.
2. Superficie de terre délimitée sur une carte par un contour fermé et identifiée par une teinte, un figuré ou un numéro correspondant à une unité de la légende de la carte.
La méthode est accompagnée de fiches proposant des indicateurs pour identifier sur le terrain 36 types de dégradation, leur extension et degré d’intensité.
L’indice synthétique est constitué de deux indicateurs qualitatifs (type et degré) et d’un indicateur quantitatif (extension).
Indice = classe de l’extension (1 à 5) + classe du degré (1 à 5) Soit un total de 2 à 10, distribué en 5 classes d’intensité de dégradation représentées graphiquement avec des codes couleurs. Le type de dégradation est représenté par son symbole.
À la demande du gouvernement togolais et dans la continuité du programme international GLASOD (Global Assessment of Soil Degradation in the World), des chercheurs de l’IRD, en collaboration avec l’Institut National des Sols du Togo, ont mis en œuvre de 1992 à 1995 cette méthode d’estimation de la dégradation des terres au niveau national (financement : ministère français de la Coopération). L’objectif était de connaître l’état de dégradation des terres de ce pays, le plus densément peuplé de la région (après le Nigeria). Ce travail a permis la publication d’une carte de dégradation des terres du Togo (1/500 000) qui permet d’un seul coup d’œil de voir l’étendue et la localisation des terres dégradées. Une base de données gérée par un SIG a été également constituée. Cette évaluation a montré que 2% seulement du territoire togolais étaient très dégradés du fait des activités humaines. La numérisation des données a permis en outre de simuler l’état de dégradation de ces terres en 2035 à partir de quelques hypothèses simples. Cette carte aidera ainsi décideurs et responsables à anticiper ou à remédier au processus de dégradation et à déterminer une politique appropriée de conservation des sols. Elle permettra également de suivre, au cours de ce siècle, l’extension ou la régression de la dégradation des terres au Togo. Des détails techniques…
Superficie du Togo : 56 895 km² Densité de population rurale : 54 hab/km², localement > 300. 45 000 km parcourus sur le terrain ; des images satellite exploitées sur tout le territoire. Équipe : 3 chercheurs et ingénieurs ; des techniciens de laboratoire à temps partiel pendant 3 ans. Coût global : 2 euros/km² de terrain Téléchargement - Fiche thématique
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| Mise à jour le Mercredi, 17 Juin 2009 10:44 |


Evaluation dégradation terres
