| La lutte contre la désertification : un bien public mondial ? |
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La désertification est un processus complexe impliquant des facteurs climatiques, biophysiques et sociaux, qui conduit à la fois à une baisse de la fertilité du milieu naturel et à l’extension de la pauvreté. Il est alors nécessaire d’accroître le niveau de vie des populations concernées tout en pérennisant le support de leur activité, la fertilité des terres, ou en assurant la promotion d’autres activités qui soulagent la pression sur les terres. La désertification est indissociable de la question du développement durable des zones sèches. La désertification affecte aussi bien espaces naturels que les pâturages, les cultures pluviales et les cultures irriguées. La plupart des continents sont affectés par le processus de désertification, l’Afrique et l’Asie étant ceux les plus touchés. Les régions menacées par la désertification correspondent à 40% des terres disponibles. En 2000, 70% des terres arides étaient déjà soumises à la désertification, soit 3,6 milliards d’hectares (dégradation des sols et de la couverture végétale). Tous les scénarios développés par le Millenium Ecosystem Assessment envisagent l’aggravation de ce processus dans les prochaines décennies.
Les causes et les processus qui conduisent à la désertification, diffèrent en fonction de la zone géographique et de la façon dont l’homme exploite les terres et la végétation. La lutte contre la désertification (LCD) doit alors être appréhendée au niveau local, mais aussi au niveau international. Trois points sont alors importants :
L’accroissement de la pauvreté et des inégalités en milieu rural dans les régions arides et semi-arides, mais aussi les implications nationales et internationales de cette évolution (exode et refuge), font de la désertification un problème mondial :
La désertification a alors des conséquences socio-économiques immédiates résumées par le schéma ci-contre.
Pour préserver le milieu naturel dans les régions arides et semi-arides, les techniques développées par les hommes sont souvent conditionnées par le statut foncier des terres. Une politique de LCD doit donc dès sa conception s’intéresser à la prise en compte et à l’éventuelle évolution des cadres et institutions de régulation foncière. Elle doit également impliquer les propriétaires et ayants droit multiples des terres.
Les migrations liées à la désertification vers des zones plus propices ou en ville, sont saisonnières ou définitives. Les conséquences les plus dramatiques de la désertification concernent alors la précarité physique et socio-économique de ces migrants. Les flux migratoires engendrent ou alimentent des conflits locaux, nationaux, voire internationaux.
A moins qu’une action concertée ne soit mise en œuvre au niveau mondial, la désertification devrait s’intensifier dans les décennies à venir. Le défi est grand. Il faut sauvegarder le tiers de la planète et de ses habitants. Il faut investir dans la remise en état des terres dégradées et la prévention. Pour relever ce défi, tous les efforts doivent converger : efforts locaux, nationaux et internationaux. Le programme des Nations Unies pour le développement a proposé en 1999 la notion de bien (et de mal) public mondial (BPM) pour prendre en compte certaines évolutions liées à la mondialisation.
On peut considérer que la LCD soit labellisée « BPM » et concevoir une nouvelle forme de coopération internationale. Ce bien regrouperait l’ensemble des techniques de lutte, les incitations à leur mise en œuvre collective, l’appui aux populations les plus démunies, la sécurité alimentaire et l’élimination de la pauvreté. La LCD, devient alors un ensemble de biens, de pratiques, de conditions, d’informations et de connaissances.
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| Mise à jour le Vendredi, 20 Février 2009 19:15 |


Bien public mondial
