| CST&CRIC/CNULD : derrière les acronymes, des discussions au niveau international qui engagent l’avenir des régions sèches |
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La délégation française était composée de Mme Sarah Fayolle (ministère des Affaires étrangères et européennes, MAEE), M. Marc Fagot (ministère de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, MEEDTL) et MM Antoine Cornet et Richard Escadafal (IRD & CSFD). Ce dernier est, en tant que président du CSFD, le représentant de la France au CST. Ces deux sessions avaient pour but de faire avancer les sujets en cours, en préparation à la Conférence des Parties qui prendra des décisions importantes au cours de sa dixième session (COP10) qui se tiendra en octobre en Corée du Sud.
Parmi les points traités par le CST-S2, on remarque la longue liste de recommandations issues de l’évaluation du déroulement de la première conférence scientifique (Buenos Aires, 2009), qui doivent être prises en compte pour la deuxième prévue en 2012 sur le thème de « l’Évaluation économique de la désertification, de la gestion durable des terres et de la résilience des zones arides, semi-arides et subhumides sèches ». Ces recommandations incluent la neutralité, l’équilibre géographique, la prise en compte de toutes les parties prenantes, les processus de choix de l’institution organisatrice et des intervenants, etc. En effet, si la grande majorité des pays soutient ce cycle de conférences scientifiques voulu et approuvé à la COP8, ces modalités ont été demandées par certains Etats, notamment le groupe des pays latino-américains (GRULAC selon la terminologie Onusienne) qui semble restreindre l’indépendance des scientifiques dans leurs débats et dans leurs avis dans l’enceinte de la convention. D’après les dernières nouvelles parues depuis sur le site de la convention, une institution a finalement pu être désignée pour l’organisation : le Global Risk Forum (GRF), de Davos en Suisse. Cela ne préjuge pas du lieu de cette 2e conférence qui sera choisi lors de la COP10 selon les propositions des pays. Elle devrait attirer pas mal d’attention puisque sur ce thème fleurissent dernièrement de nombreuses initiatives, notamment un groupe de travail de DNI (DesertNet International), l’initiative allemande E-DLDD (Assessment of the Economics of Desertification, Land Degradation and Drought), et bien sûr le séminaire de recherche du CSFD en juin 2011. A propos de la transformation de la convention en une autorité scientifique sur les questions de la dégradation des terres, particulièrement en régions sèches, deux enquêtes ont été initiées et vont être développées. La première concerne les besoins en matière de « Gestion des connaissances » sur cette question, la deuxième, plus sérieuse, sur l’opportunité d’un mécanisme fournissant des avis scientifiques indépendants. L’idée de mettre en place un panel intergouvernemental à l’image du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, IPCC en anglais) séduit certains scientifiques et certains pays, mais au vu du travail considérable que cela nécessite, beaucoup pensent à solliciter l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services). Ce panel international nouvellement créé, sera progressivement mis en place cette année et traitera de biodiversité mais aussi des services des écosystèmes et aura mandat de servir tous les accords multilatéraux sur l’environnement. Si une forte demande dans ce sens existe, il pourrait aussi couvrir les besoins de la CNULD. Mais l’inquiétude de voir nos préoccupations, notamment en termes de développement et de sécurité alimentaire, diluées dans celles liées à la biodiversité, suscite des réticences et le débat reste ouvert. A noter à ce sujet l’évènement parallèle (side event) de DNI animé par R. Escadafal et organisé suite à l’e-forum lancé l’an passé sur ce sujet (PDF)
Parmi les autres sujets abordés lors de la conférence, les débats ont porté sur les indicateurs d’impact avec d’une part l’élaboration des directives pour la mise en œuvre dès 2012 des deux indicateurs adoptés à Buenos Aires et, d’autre part, la poursuite du travail sur le perfectionnement et le test d’un jeu minimum d’indicateurs d’impacts avec l’aide d’un consultant (Dr Baron Orr, Univ. Arizona) qui a proposé un document de synthèse sur ce sujet (e-forum). Sur cette base les scientifiques sont invités à collaborer d’ici fin avril 2011 à la rédaction du livre blanc qui établira les références de base pour l’utilisation des indicateurs par les pays : http://eforum.unccd.int
L’enjeu est important et rejoint les efforts de reporting : comment mesurer l’état de désertification d’un pays et ses évolutions ? Quel est l’impact des actions de lutte ? En l’absence de telles données, les politiques menées restent difficiles à défendre et à financer. Le CRIC9 (qui concerne moins les scientifiques, de ce fait peu présents) s’est, quant à lui, intéressé aux rapports des pays concernant la mise en œuvre des actions prévues par la convention. Un format standardisé de ces rapports nationaux a été proposé pour la première fois, dont l’objectif est de permettre des comparaisons et de mesurer des évolutions ; les données quantitatives y sont privilégiées. Des ambigüités ont été soulevées et des améliorations demandées en particulier sur les flux financiers impliqués, mais aussi sur la définition des indicateurs de mise en œuvre proposés. Au travers de l’analyse des rapport des pays, mais aussi des organisations de la société civile, un travail important d’identification, de capitalisation et de diffusion des « bonne pratiques » en matière de lutte contre la désertification est prévu. Cependant, des ambigüités demeurent quant aux rôles respectifs du CST et du CRIC, mais aussi quant à la valeur ajoutée de ce travail : quelle définition, quelles analyses, quelle validation pour ces bonnes pratiques ? La communauté scientifique pourrait avoir un rôle à jouer pour répondre à ces interrogations, à partir, par exemple, d’un travail réflexif sur les projets et programmes existants. Une session spécifique « open dialogue » a permis aux représentants de la société civile de tenter de faire entendre leur voix. Toutefois, le mécanisme de leur prise en charge a permis seulement à 18 délégués de venir, pour la plupart des représentants de réseaux. C’était le cas du GTD français (Groupe de Travail sur la Désertification) qui a souligné que le réseau d’ONG francophones qu’il représentait à Bonn réclame des objectifs plus quantifiés afin de permettre l’évaluation réelle du niveau d’investissement dans les actions de lutte, mais aussi des campagnes pour que la société civile s’y investisse davantage, et une meilleure harmonisation avec les autres conventions de Rio (climat et biodiversité). Enfin, le projet de la Grande Muraille Verte (GMV) a fait l’objet d’une consultation ministérielle officielle à l’initiative du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et plus modestement d’un événement parallèle organisé par la Commission Européenne et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (suivi par A. Cornet). La fiche du CSFD sur la GMV (Grande Muraille Verte) en français et en anglais, sorties spécialement pour ce CST ont été largement distribuées et consultées à l’occasion de ces réunions. Le dossier complet mis en ligne sur notre site a été téléchargé près de 2.000 fois en quelques jours. Richard Escadafal, Des informations plus complètes sur le CST S2 and le CRIC9 sont accessibles via deux sites principaux : • [Compte-rendus de l’International Institute for Sustainable Development (Bulletin des Négociations de la Terre)] • [Pages spécifiques du site de la Convention] |
| Mise à jour le Lundi, 18 Avril 2011 13:18 |
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La deuxième session spéciale du Comité pour la Science et la Technologie (CST-S2) et la neuvième session du Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la Convention (CRIC9) ont successivement eu lieu à Bonn entre le 16 et le 26 février 2011.