Abonnements : Flux RSS - Actualités  Flux RSS - Actualités (FeedBurner) Flux RSS (Issuu) - Dernières publications (lecture en ligne)  Flux RSS (Delicious) - Sélection de signets  
 
Le CSFD donne des avis scientifiques qui ne plaisent pas toujours Imprimer Envoyer
Une certaine agitation médiatique entoure ces derniers temps le projet de la Grande Muraille Verte
Journal du CNRS, Janvier/Février 2010 et National Geographic, Décembre 2009). Ce projet a de nombreuses facettes. Il s'agit d'abord d'une initiative africaine, qui comprend une dimension politique très importante, mobilisant les pays de la région dans un effort supra-national inédit. Si le CSFD n'a pas à se prononcer sur sa pertinence politique, cela nous parait une excellente nouvelle pour les populations d'entendre cet appel à la mobilisation sous la bannière de la GMV.

Concernant les aspects scientifiques, et en rapport à des slogans plus ou moins réalistes qui ont été forgés pour soutenir cet effort, ils sont de la compétence du comité. Quand des journalistes ou des bailleurs de fonds nous posent la question: "croyez-vous que tenter de stopper le Sahara en construisant un mur d'arbres de 15 km de large traversant le Sahel est une bonne méthode pour lutter contre la désertification ?",  en tant que chercheurs connaissant les travaux publiés sur la question - dont les rapports récents de l'OSS et du CEN SAD  sur la GMV (Plan d'action 2008-2010 : Programme Grande Muraille Verte au Sahel et au Sahara) - nous n'avons d'autre choix que de répondre que ce n'est certainement pas une bonne méthode; les échecs de cette approche déjà ancienne et plutôt simpliste sont connus et les conclusions en ont été tirées.
 
Cette réponse va à contre-courant des slogans de certains politiques, et nous avons été pris à partis à cause de cela (Le Soleil, 05/07/2010) ce qui ne change rien à la réalité des faits établis. Nous nous basons simplement sur les faits connus et les études publiées.

Une approche scientifique réaliste : la gestion durable des terres
 
L'idée de permettre aux populations de cette région d'intensifier et diversifier leur agriculture, de gérer leur terres de façon durable, notamment grâce à des plantations d'arbres est scientifiquement valable et de nombreuses études montrent que l’aide à la régénération naturelle des arbres, l'agroforesterie villageoise (par ex.) donnent d'excellents résultats en termes de lutte contre la désertification.
 
C'est pourquoi le CSFD s'associe pleinement aux conclusions de l'Observatoire du Sahara et du Sahel et à la vision du projet Grande Muraille Verte présentée par le Secrétaire Exécutif  de la Convention des Nations Unies de Lutte Contre la Désertification à la dernière réunion des chefs d'états africains sur ce sujet (Allocution du Secrétaire Exécutif de l'UNCCD, N'Djamena - Tchad, 17/06/2010). Cette vision est soutenue par le partenariat Union Africaine/Union Européenne (Rapport de l'atelier de concertation...).  Et notre comité reconfirmera à qui l'interrogera que l'idée d'un mur stoppant le Sahara est incongrue, et qu’une bonne approche scientifique est plutôt basée sur la gestion durable des terres. 
 
Nous préparons une courte note de synthèse scientifique sur ce sujet, vision indépendante des agendas politiques des uns ou des autres, c'est bien là le mandat de notre comité.
 
Richard Escadafal, Antoine Cornet, Marc Bied-Charreton
Présidents du CSFD
(respectivement: en exercice, fondateur et sortant)
 
Mise à jour le Mardi, 06 Juillet 2010 17:15