| Auteurs :
Marc Bied-Charreton,
marc.bied-charreton@c3ed.uvsq.fr / csfd@agropolis.fr
Président du CSFD,
Professeur émérite de
l’Université de Versailles
Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ, France)
Chercheur au Centre d’économie
et d’éthique pour l’environnement et
le développement (C3ED-UMR IRD/UVSQ)
Mélanie Requier-Desjardins,
melanie.requier@oss.org.tn
Économiste, Conseillère régionale,
Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS)
Sommaire :
La recherche scientifique dans les zones arides
La société civile et ses partenaires
dans la lutte contre la désertification
L’apport des sciences dans la prise de décision
Comment développer les échanges entre sciences
et société civile dans le cadre de la LCD ?
Quel avenir pour les interactions
« société civile – sciences » ?
Pour en savoir plus
Résumé :
La recherche scientifique dans et sur les zones arides a véritablement commencé au
début du 20ème siècle. Développée tout d’abord dans un contexte colonial avec une
finalité de mise en valeur, elle a connu une nouvelle vigueur au moment des
indépendances des États, particulièrement en Afrique. Les grandes sécheresses des
années 70 ont donné une nouvelle impulsion à cette recherche. Les efforts ont été
consacrés aux inventaires des écosystèmes ainsi qu’à leur fonctionnement. Les sciences
humaines et sociales ont mis l’accent sur les questions foncières, la démographie,
les migrations et l’anthropologie économique. Mais il ne faut pas oublier que depuis
l’invention de l’agriculture et de l’élevage, les agriculteurs et les pasteurs ont été les
premiers observateurs de leur propre milieu.
Devant les grands problèmes majeurs qui se posent depuis la fin du 20ème siècle, la
question primordiale est de savoir comment marier les connaissances traditionnelles
avec les progrès issus de la recherche scientifique. L’accroissement de la population,
les changements climatiques, le marché mondial, commandent de trouver des solutions
pour parer à l’augmentation de la dégradation des terres.
Ce dossier du CSFD tente de décrire la société civile des pays affectés par la
désertification et comment les agriculteurs, les éleveurs et les responsables politiques
sont amenés à prendre des décisions, de quels paramètres et informations ont-ils
besoin, et comment les scientifiques peuvent-ils leur donner satisfaction. Il décrit également l’apport de certains projets de recherche-développement que le CSFD a
sélectionné et suivi dans le début des années 2000. Ces projets, financés par le ministère
français des Affaires étrangères et des institutions scientifiques françaises et africaines
ont été réalisés en partenariat scientifique Nord-Sud et en partenariat chercheurs -
utilisateurs de la recherche sur un certain nombre de thèmes propres à la lutte contre la
désertification. En conclusion, le dossier pose le problème du transfert des
connaissances des chercheurs vers les utilisateurs finaux et il propose le développement
de médias, ou de corps intermédiaires, entre les chercheurs et la société civile.
Scientific research in and on drylands truly began at the beginning of the 20th century.
It was first developed in a colonial context with the ultimate aim of adding value to
the land. It expanded again during the independence years for States, particularly in
Africa. The major droughts of the 1970s gave a new impulse to this research. The
efforts were devoted to making inventories of ecosystems as well as their functioning.
Human and social sciences emphasised land tenure issues, demography, migrations
and economic anthropology. However, we should not forget that since the invention of
agriculture and livestock breeding, farmers and herders were the first to observe their
own environment.
Faced with the major problems which have emerged since the end of the 20th century,
the basic question is to know how to combine traditional knowledge with progress
due to scientific research. The increase in population, the climate change and the
global market require that solutions be found to overcome land degradation.
This CSFD file attempts to describe the civil society of countries affected by
desertification and the way in which farmers, livestock breeders and politicians take
decisions, which parameters and information they need and how scientists can meet
these needs. It also describes the contribution of some research-development projects
that the CSFD selected and monitored at the beginning of the 21st century. These
projects, financed by the French Ministry for Foreign Affairs and French and African
scientific institutes, were undertaken through North-South scientific partnerships
and partnerships between researchers and users of research for some themes which
are particular to the fight against desertification. To conclude, the file raises the issue
of the transfer of knowledge from researchers towards the final users and suggests that
attention be paid to media or intermediary bodies between researchers and civil
society.
Mots clés/Keywords :Recherche scientifique, société civile, lutte contre la désertification,
transfert de connaissances,Scientific research, civil society, combating desertification,
transfer of knowledge
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