| Auteurs :
Michel Raunet,
michel.raunet@cirad.fr
Chercheur au Département « cultures annuelles »
du Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement (Cirad-ca)
Krishna Naudin,
krishna.naudin@cirad.fr
Chercheur au Cirad-ca
Sommaire :
Nécessité de nouvelles pratiques agricoles dans les
régions soumises au processus de désertification
Sols et eaux en conditions de désertification
Les SCV : une solution alternative aux systèmes
de culture conventionnels dans les pays touchés
par la désertification
Les avantages des SCV pour les agriculteurs
Effets cumulés et services rendus des SCV
aux niveaux des paysages et des communautés
Un exemple au Nord-Cameroun : quatre ans
d’expérimentation en SCV sur les systèmes
cotonniers avec les agriculteurs
Les SCV, une voie prometteuse
pour lutter contre la désertification ?
Pour en savoir plus
Résumé :
L’eau et le sol sont les premiers supports de la chaîne alimentaire des écosystèmes qui, en retour, par leur biomasse, alimentent le sol. La
désertification touche ces deux composantes primordiales, sols et eaux,
avec des effets induits sur l’ensemble de l’écosystème qui devient alors
vulnérable, perd de sa biodiversité, donc de sa résilience et de ses
fonctions. Ces écosystèmes dégradés ne sont plus capables de fournir des
ressources et de rendre des services aux hommes, et particulièrement aux
agriculteurs. Ces derniers doivent alors surexploiter le milieu, renforçant
ainsi les processus de ésertification. Comment contrecarrer une telle
spirale, d’abord localement, puis globalement, à des échelles supérieures ?
C’est le challenge que prétend relever, du moins en partie, la
recherche-développement sur les systèmes de culture en semis direct sur
couverture végétale permanente (SCV), puis leur diffusion dans les pays
du Sud, au cours du 21ème siècle. Les systèmes SCV sont des systèmes de
culture très innovants situés au coeur de l'agriculture de conservation et
des pratiques agro-écologiques. Ils permettent de cultiver sans travailler le
sol et assurent une protection permanente de ce sol grâce à des résidus de
récolte et à l'introduction de couverts végétaux additionnels, en
association, en succession annuelle ou en rotation avec les cultures
principales..
Water and soil are the first links of the food chain of ecosystems, which in
turn, feed the soil with their biomass. Desertification affects both these key components (i.e. water and soil), with a series of consequences over the
whole ecosystem that becomes vulnerable, looses part of its biodiversity -
and hence of its resilience and functions. These degraded ecosystems are no
longer able to provide men - and especially farmers - with resources and
services. Farmers are then bound to overexploit the environment, thus
increasing desertification processes. What could be done to thwart such a
spiral, first at local, then at higher, global scales?
Research and development on cropping systems such as direct-seeding
mulch-based cropping systems (DMC), means to take up - at least partly -
this challenge, and then to disseminate this technique in Southern countries
during the 21st century. DMC is a highly innovative system, central to
conservation agriculture and agro-ecological practices. It allows no-till
cropping and provides permanent soil protection with both crop residues
and companion crops, through crop combination, yearly sequences or
rotation.
Mots clés/Keywords : Désertification, eau, sols, résilience, SCV, semis direct,
couverture végétale, biodiversité, Desertification, water, soils, resilience, direct-seeding mulch-based cropping
systems, direct seeding, vegetation cover, biodiversity
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