| Auteurs :
Monique Mainguet,
monique.mainguet@univ-reims.fr
Membre de l'Institut universitaire de France
et directrice du Laboratoire de géographie zonale
pour le développement (LGZD),
Université de Reims Champagne-Ardenne
Frédéric Dumay,
frederic.dumay@univ-reims.fr
Ingénieur d’études au Laboratoire
de Géographie Zonale pour le Développement,
Université de Reims Champagne-Ardenne
Sommaire :
L’érosion éolienne, un mécanisme
complexe
de dégradation du milieu sous l’action du vent
Les seuils d’amorce de l’érosion éolienne
et les facteurs déclenchants de la dégradation
mis en évidence par la télédétection
Les mécanismes de l’érosion éolienne
à l’interface homme-nature
Les techniques de lutte contre l’érosion éolienne
Espoir dans la lutte contre l’érosion éolienne
Pour en savoir plus
Résumé :
L'érosion éolienne est un mécanisme
qui peut à lui seul ou en combinaison avec d'autres causes
physiques ou socio-économiques aboutir à la désertification,
c'est-à-dire à la dégradation sévère
ou irréversible des ressources en eau et en sol. Avec une meilleure
connaissance de ce phénomène, le modèle des années
1970 qui dissocie 3 phases (causes, mécanismes, conséquences)
est obsolète compte-tenu des nombreuses rétroactions
générées et des liens insidieux qu'elles entretiennent.
Un combat efficace contre les méfaits de l'érosion éolienne
exige de déceler dans le temps les seuils de déclenchement
à l'aide des outils de télédétection (images
satellites et photographies aériennes), de limiter et de localiser
dans l'espace les phénomènes observés. Toute
intervention sur le terrain ne peut-être efficace sans connaissance
préalable des mécanismes de l'érosion éolienne
à l'interface solatmosphère.
À l'interface sol-atmosphère, les actions éoliennes
s'organisent en unités dynamiques d'échelle continentale
appelées Système Global d'Action Éolienne (SGAE)
-couvrant le Sahara et le Sahel- ou régionale (balayant l'Égypte
du nord au sud), appelées Système Régional d'Action
Éolienne (SRAE), dans lesquelles l'homme interagit par ses
activités. Un SGAE se divise en trois aires (aires de départ
de particules, de transport éolien, d'accumulation), chacune
pouvant se retrouver en plusieurs points du SGAE.
La lutte contre la menace éolienne, qui s'exprime notamment
contre l’appauvrissement en particules d'argile, de limons ou
de sable et, à l'inverse, contre l’ensablement, doit
prendre en compte le bilan sédimentaire, le type d’édifice
dunaire et faire la différence entre :
-la mobilité dans les aires sources où les particules
meubles doivent être bloquées ; -la mobilité dans
les aires de transport où le courant éolien doit être
dévié pour éviter l’ensevelissement des
infrastructures humaines et -la mobilité dans les aires de
dépôt où c’est l’excès d’ensablement
qui est en cause.
La première étape replace le site à protéger
dans le SGAE ou dans le SRAE, en tenant compte de la topographie et
du type de dune ou de sable mobile et aboutit à estimer la
superficie à stabiliser ou à protéger. La seconde
étape est la phase opératoire visant à réduire
la vitesse du vent à la surface du sol par des stratégies
mécaniques et biologiques. La réussite des programmes
de lutte suppose l'utilisation et la valorisation des spécificités
écologiques et humaines locales pour minimiser les coûts
et rendre les solutions viables pour les communautés.
Wind erosion - alone or combined with other physical
or socio-economic causes - is a mechanism that may induce desertification,
i.e. a severe or irreversible degradation of water and soil resources.
Now this phenomenon is better understood, the model of the 70’s
that dissociated three stages (causes, mechanisms, consequences) has
been discarded, in view of the many feedbacks and insidious links
generated by wind erosion. Efficiently combating the damaging effects
of wind erosion requires the timely detection of triggering thresholds
with remote sensing tools (satellite images
and aerial photographs), and the spatial delimitation and positioning
of the phenomena observed. No field operations can be effective without
knowing beforehand wind erosion mechanisms at the land-atmosphere
interface.
At the land-atmosphere interface, wind actions are organised in dynamic
units of continental scale (the so-called Global Wind Action System
- GWAS) that covers the Sahara and Sahel regions – or regional
scale (sweeping across Egypt from North to South), called Regional
Wind Action System (RWAS), in which man interacts with its activities.
A GWAS is divided into three areas (particle source, wind transportation,
accumulation), each of them likely to be found in several places of
the GWAS.
Combating wind-induced threats, that materialises among others by
fighting against clay, silt and sand particle losses, and conversely,
against sand invasion, should take into account the sediment balance
and the kind of dune involved, and distinguish between:
. mobility in source areas where mobile particles should be fixed,
. mobility in transportation areas where wind streams should be deflected
so as to prevent human infrastructures from being filled with sand,
and
. mobility in deposition areas where sand invasion is at stake.
The first stage consists in defining the site to be protected in relation
to the GWAS or RWAS (taking into due consideration the topography
and the kind of dune or mobile sand involved), and in assessing the
surface to be stabilised or protected. The second stage is the operating
stage that aims at reducing wind velocity at ground level through
mechanical and biological strategies.
To be successful, programmes aimed at combating wind erosion need
to use and valorise local ecological and human specificities in order
to minimise costs and to find out solutions viable for the communities
involved.
Mots clés/Keywords : Dynamique éolienne, désertification,
télédétection, système global d'actionéolienne,
réhabilitation, activités anthropiques, Wind dynamics,
desertification, remote sensing, global wind action system, rehabilitation,
human activities
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