La lutte contre la désertification et la dégradation des terres

De nombreux acteurs à différentes échelles pour une même cause

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Des projets réussis de lutte contre la désertification doivent répondre aux besoins des populations et s’inscrire dans le long terme. Ils doivent être accompagnés de politiques de stabilisation des prix agricoles et faire partie des politiques nationales. Ainsi, cette lutte implique des acteurs variés à différents niveaux :

  • Au niveau local, ce sont les agriculteurs, les éleveurs et leurs organisations professionnelles. Les responsables villageois et les organisations de la société civile, sont également des acteurs locaux importants.
  • Au niveau national, les services techniques de l’État, la recherche scientifique, les administrations et les représentants locaux de l’État jouent un rôle conséquent.
  • Au niveau international, ce sont les responsables politiques, les banques de développement et les organisations régionales et internationales qui sont sur le devant de la scène.

Les populations s’adaptent et combattent la désertification

Les sociétés rurales soumises à des crises sévères telles que des sécheresses successives réagissent selon une échelle de gravité croissante : depuis un ‘simple’ ajustement des systèmes traditionnels de culture et d’élevage jusqu’à l’émigration définitive vers d’autres zones rurales, vers les villes, voire l’étranger.

Dans les pays touchés depuis longtemps par la désertification, les agriculteurs ont mis au point des méthodes de lutte qui permettent de s’adapter aux situations de sécheresse. Citons, sans être exhaustifs, les méthodes physiques telles que les cordons pierreux, les diguettes, les terrasses ; les méthodes biologiques telles que les bandes herbeuses, les boisements ; ou encore les méthodes mixtes mélangeant des méthodes physiques et biologiques (p. ex. la fixation de dunes, les zaï). Il existe des méthodes plus complexes telles que l’agroforesterie qui associe l’agriculture, l’élevage et la foresterie.

  • Cordons pierreux
  • Demi-lune
  • Zaï

La recherche scientifique s’organise pour lutter contre la désertification

Les formes prises par la désertification ainsi que les causes et processus qui y conduisent varient d’une région à l’autre. La lutte contre la désertification se caractérise ainsi par la multiplicité des champs scientifiques et thématiques concernés : gestion des ressources naturelles et préservation de l’environnement, développement du secteur agricole et pastoral, sécurisation de l’accès aux ressources et aux revenus, lutte contre la pauvreté, etc. La désertification et la lutte contre la désertification doivent également être appréhendées à différentes échelles spatiales. Seule une telle démarche permet de saisir les évolutions en cours et de concevoir un ensemble d’actions adapté à ce phénomène.

Il existe une grande variété de connaissances, de techniques, de moyens et d’actions à adapter au contexte local et qui font intervenir de nombreuses disciplines scientifiques. À l’échelle internationale, la recherche scientifique au service de la lutte contre la désertification s’organise en réseaux, tels que ROSELT (Réseau d’Observatoires de Surveillance Écologique à Long Terme) ou encore DesertNet international. Ces réseaux aident pour certains à réaliser une surveillance scientifique de l’environnement. Ce sont également des plateformes de communication pour l’échange d’idées et de connaissances.

Pour lutter efficacement, investissons

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Les investissements nécessaires à la lutte contre la désertification se montent à environ 300 à 400 US$/ha/an pendant trois ou quatre ans. Ils permettent un doublement des rendements et des taux de retour économique qui peuvent atteindre 20 à 30%. Sous certaines conditions (politiques publiques stables, paix civile…), les investissements agricoles sont donc rentables d’un point de vue économique.

Ainsi, pour mettre en œuvre les méthodes de lutte contre la désertification, les agriculteurs et les éleveurs doivent investir ; ce qui leur est difficile car ils vivent déjà en deçà du seuil de pauvreté. Les budgets nationaux servent en premier lieu d’autres priorités (santé, éducation, infrastructures, etc.) que l’agriculture. Les financements nécessaires pour investir en terres arides peuvent alors provenir de l’aide publique au développement (APD) et du secteur privé (microcrédit, ONG, collectivités territoriales). Or les investisseurs privés n’ont pour l’instant jamais prêté à des agriculteurs familiaux qui manquent de caution et le micro crédit ne peut dégager de telles sommes…

Il reste alors l’APD qui s’élevait en 2005 à 100 milliards de dollars. Cinq pourcents de ce montant (5 milliards US$) furent alors consacrés à l’aménagement des terres dans les zones arides et semi-arides, soit seulement 5% de l'APD mondiale. De plus, les analyses montrent que depuis plus de 25 ans les investissements agricoles provenant de l’APD sont en baisse...

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