Indicateurs locaux d’impact

Des projets de lutte contre la dégradation des terres et la désertification

Publié en novembre 2012

Auteur(s) : Amsallem Isabelle, Bied-Charreton Marc

D’après les travaux du CSFD.

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Le CSFD a mené une étude durant trois ans (2009-2011) pour définir une liste d’indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégradation des terres et la désertification (LCD). Ce travail s’inscrit dans le double contexte de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CNULD) et du souhait d’évaluation des actions extérieures de la France financées par l’Agence Française de Développement (AFD) et le ministère français des Affaires étrangères (MAE).

En effet, à la demande de la CNULD, la première année de ce travail s’est intéressée aux indicateurs de tendance de la désertification et de la dégradation des terres. La Convention a par ailleurs adopté plusieurs indicateurs pour mesurer les effets de sa stratégie à dix ans. Puis, l’AFD a sollicité le CSFD pour définir un jeu d’indicateurs locaux d’impact des projets de lutte contre la dégradation des terres et la désertification. Ce travail se situe ainsi dans la problématique de la recherche de « bons indicateurs » pour évaluer ces impacts. Le champ de l’étude concerne uniquement les actions de gestion durable des terres, de restauration et de réhabilitation des milieux dégradés, de prévention de la dégradation des terres, de lutte contre la désertification, plus particulièrement dans les régions sèches, arides, semi-arides et subhumides. Le CSFD a par ailleurs réalisé un séminaire en juillet 2011 sur les questions d’évaluation de politiques, programmes et projets.

L’ensemble de ces travaux sur les indicateurs d’impact et sur l’évaluation constitue une contribution française aux travaux de la future conférence scientifique qui a été organisée dans le cadre de la CNULD à Fortaleza (Brésil) en 2013.

Une évaluation indispensable pour les différents acteurs de la LCD

Évaluer les impacts des actions et des projets de lutte contre la dégradation des terres et la désertification (LCD) et les projets de gestion durable des terres est indispensable pour la société civile, les décideurs nationaux et internationaux ainsi que les scientifiques :

  • Vérifier la pertinence et la cohérence des objectifs de départ.
  • Éclairer la conduite et le pilotage des actions de LCD, en améliorer l’efficacité et la pertinence, les réorienter si besoin et en assurer la pérennité par la capitalisation des acquis et la responsabilisation des acteurs.
  • Rendre compte de l’exécution, des résultats et des effets des actions de LCD au-delà de ses parties prenantes directes.
  • Examiner la durabilité des effets observés (impact).
  • Documenter des processus d’apprentissage et de capitalisation, des campagnes d’information, de communication ou de plaidoyer, notamment pour les bailleurs de fonds en ayant des arguments économiques ―ou autres― pour investir dans la LCD.
  • Expliquer/Analyser une réalité complexe et son fonctionnement.

C’est également une exigence démocratique à l’égard des citoyens et des parlements qui les financent.

Un exercice difficile !

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Évaluer l’impact de projets est difficile du fait de la diversité d’une part des projets et des actions de LCD et des impacts directement ou indirectement imputables au projet et, d’autre part, des acteurs concernés. Les systèmes naturels et sociaux évalués sont complexes et méconnus. Par ailleurs, le contexte des projets de LCD évolue en permanence. De ce fait, il est ardu de définir les échelles spatio-temporelles d’évaluation.

Il est également difficile d’interpréter les résultats de l’évaluation qui, selon l’angle d’analyse, peuvent avoir une signification différente. De plus, certains impacts ne sont pas ceux attendus. Il existe des difficultés liées à la disponibilité et la qualité des données nécessaires à l’évaluation comme l’absence de points de comparaison documentés.

De fait, les méthodes d’évaluation doivent tenir compte de cette complexité en :

  • définissant une situation initiale afin de comparer la situation « avant projet » avec celle « après projet » ;
  • définissant une situation de référence « sans projet » afin de comparer la situation « avec projet » à un moment donné pour mesurer les impacts de celui-ci ;
  • contextualisant l’évaluation ;
  • utilisant des approches holistiques, multidisciplinaires, intersectorielles et systémiques ;
  • intégrant les aspects fonciers et d’accès aux ressources dans les évaluations ;
  • prenant en compte les différents acteurs locaux de la LCD pour la conception du système d’évaluation (y compris le choix des indicateurs), la collecte des données et l’analyse des résultats.

Il est important de considérer aussi le coût de l’évaluation. Le choix de la méthode d’évaluation et des indicateurs, est assujetti, entre autres, à la disponibilité des données, au budget et au temps consacrés.

Ainsi, il n'existe pas de liste d’indicateurs d’impact locaux (ou de méthode d’évaluation) universelle, néanmoins, celle-ci doit intégrer différentes composantes : humaine, économique, financière, écologique, des pratiques, des techniques et des méthodes mises en œuvre. La liste des indicateurs locaux d’impact proposée par le CSFD dans les documents téléchargeables est une liste indicative. L’hypothèse faite est que la combinaison de quelques indicateurs simples peut permettre d’appréhender certaines évolutions des milieux naturels et humains sous l’impact de projets de LCD.

Quatre types d’indicateurs d’impact locaux

  1. Les indicateurs biophysiques ont pour but de qualifier et de quantifier l’état du capital naturel (eau, sol, végétation).
  2. Les indicateurs quantitatifs de production ont pour but de mesurer le résultat des actions concernées par les projets en ce qui concerne les productions agricoles, l’élevage, les produits forestiers.
  3. Les indicateurs économiques et financiers ont pour but de mesurer les investissements réalisés, les sources de financement, les taux de retour, etc.
  4. Les indicateurs institutionnels et sociétaux ont pour but de donner des informations qualitatives sur la nature et l’existence d’accords locaux et de contrats entre les acteurs du développement : agriculteurs et éleveurs, entre ces derniers et les services techniques. Ce sont aussi des informations quantitatives et qualitatives relatives à l’organisation de la société civile et à la décentralisation ; ce sont également les questions de pauvreté et de bien-être (scolarisation, santé…).
    Amsallem Isabelle

    Amsallem Isabelle

    Rédactrice & éditrice scientifique, (...)

    Bied-Charreton Marc

    Bied-Charreton Marc

    Professeur émérite de l’UVSQ (France)


    Local impact indicators

    Synthèse du CSFD 2012

    Local impact indicators

    For projects to combat land degradation and desertification

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